L'AFP en question
"Agence France Palestine", lAgence France Presse est
dans la ligne de mire de nombreux sites de réinformation. LAgence
est accusée dêtre partiale, docculter des
informations
Ses détracteurs la jugent " inféodée
" au pouvoir politique, mais aussi à ses clients arabes.
La direction de l'AFP n'a pas souhaité répondre à
nos questions, afin de "ne pas relancer la polémique".
Journaliste d'agence en Israël
La direction générale pour le P-O est installée
depuis 1988 à Nicosie. 50 à 70% de son travail concerne
Israël. Le bureau de Jérusalem compte trois permanents
(chef de bureau, adjoint et photographe), français anglophones
non hébraïsants. 5 ou 6 " stringers " couvrent
les territoires, depuis les principales villes.
Ces correspondants locaux sont recrutés dans les médias
suivant différents critères : ils doivent être
arabophones, bien connaître le terrain
Leur orientation
politique et leurs liens éventuels avec des organisations locales
ne peuvent pas être vérifiés. Lors de la deuxième
Intifada, des journalistes français sont venus en renfort :
ceux de Nicosie, qui suivent la situation au jour le jour ont été
placés au desk de Jérusalem. Les journalistes de Paris
ont effectué des reportages dans les Territoires.
Un journaliste de l'agence, qui connaît bien la situation au
Proche Orient, reconnait y travailler très librement. "Le
gouvernement israélien a retiré sa carte à lun
de nos photographes, parce que son frère est haut-placé
dans la hiérarchie du gouvernement palestinien.Cest le
seul cas où on a été embêté ".
Comme pour toute dépêche AFP, une vigilence extrême
est appliquée... Mais l'agence n'est pas à l'abri des
dérapages : "Chaque expression est pesée, négociée
Il arrive que certains traducteurs arabes laissent passer leurs opinions,
un " combattant " devient un " martyr ", et cest
repris en tant que dépêche AFP dans la presse arabe.
On essaye dêtre vigilant."
Chaque mot pèse... parce que l'exactitude de l'information
est difficilement contestable : "La critique sur le fond nest
pas possible ; la plupart de nos infos sont reprises par les médias
israéliens , la presse est très libre là-bas.
Donc, la seule critique possible est sur la forme, les mots
On
(les critiques) en est à jouer sur les termes pour atténuer
leffet de linformation sur le public, puisquon ne
peut pas nous empêcher de travailler sur place."
L'image tendencieuse de l'AFP ?
Les rapports entre l'Agence et le gouvernement français ont
toujours fait couler beaucoup d'encre. Pour ses détracteurs,
une AFP "objective" et neutre est un leurre. Trois péchés
originels : des liens étroits avec le gouvernement et un quai
d'Orsay "pro-palestinien", une tradition de coopération
avec les pays arabes, et des clients étrangers issus en grand
nombre des pays en voie de développement... La réputation
-et le surnom- de l' "Agence France Palestine " sont crées.
L'AFP et le gouvernement : l'Agence cesse d'être un établissement
public en 1957. Son budget repose désormais intégralement
sur les abonnements de ses clients... Parmi lesquels l'Etat français
(ministères, ambassades
) , qui représente 46%
du total en 1996. Le gouvernement n'est plus majoritaire au Conseil
d'Administration, mais "l'Etat décide des hausses de
tarifs, approuve la nomination des membres du conseil, nomme le PDG
et critique ouvertement l'Agence à l'occasion" (1).
Le statut de l'AFP exige qu'elle se défende contre toute ingérence
étatique : mission impossible ? Pour Henri Pigeat, l'un de
ses anciens directeurs, la machine AFP est "trop lourde et
trop complexe pour être manipulée facilement"...
(1)
La plus grande agence arabe du monde : dans les années 70,
lAFP instaure une collaboration technique avec lagence
de presse égyptienne Middle East News Agency (MENA), afin quelle
diffuse ses services en langue arabe. Le déplacement du bureau
arabe à Nicosie visait à rétablir une totale
indépendance dans ce domaine, mais les liens privilégiés
qu'entretien la France avec le monde arabe rendent son objectivité
douteuse pour ses détracteurs.
Au delà de ces critiques récurrentes, la vague de protestation
née de la 2eme Intifada est liée pour notre interlocuteur
au travail des trois agences mondiales lors des événements.
"Associated Press, agence américaine, a pris une position
nettement partisane en couvrant le conflit : lArmée Israélienne
" ripostait "
systématiquement aux jets de pierre, il ny avait jamais
doffensive de leur part
Cétait le reflet
exacte de la position officielle des Etats-Unis. Reuter était
un plus nuancée. LAFP a été critiquée
parce quelle na pas fait comme les agences anglo-saxonnes,
on est vraiment resté neutre. "
Nicole Levigne
Sources :
(1)Le village CNN , par Patrick White, Les presses de l'université
de Montréal 97
AFP, une histoire de lAgence France Presse 1944 1990,
par Jean
Hutteau et Bernard Ullman. Ed Robert Laffon)
les agences de presse, Henri Pigeat; La documentation française
1997
Site officiel de lAFP : www.afp.com
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