version 6.1/édition 2004/n°17
Le magazine d'information sur le monde des médias
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Télévision : monochromie des journalistes

Etat des lieux
Black-out sur les minorités visibles

A qui la faute?
"Un Noir au 20 heures, ça n'arrivera jamais"
Interview de Marie-France Malonga, qui prépare une thèse sur la question

Points de vue de deux directeurs d'école de journalisme
• Interview de Loïc Hervouët, directeur de l'ESJ de Lille
Interview de Didier Cherami, directeur de la filière journalisme de l'IUT de Tours

Ils en parlent
Témoignages de
Joseph Andjou
Patrick Fandio
• Vincent N'Guyen
David Delos

Ils en parlent...


“C'est un problème

social avant tout”




Vincent N’Guyen, grand reporter à France 2.
D’origine vietnamienne par son père.

A aucun moment, on ne m’a fait comprendre que mes origines pouvaient être un problème pour faire de la TV. Ni à l’école, ni à France 2. Quand je suis sur le terrain, c’est plutôt à l’étranger. Et je ne rencontre vraiment aucun problème. A l’étranger, les gens peuvent penser que je viens d’une télévision japonaise ou coréenne éventuellement…
Je ne crois pas que la télévision française présuppose le racisme du public. Mais c’est assez difficile comme question... Je crois que ça reflète simplement un problème général, un problème social : les populations immigrées ont moins accès aux études supérieures parce qu’elles sont souvent issues d’un milieu moins aisé.
Par contre, je ne crois pas que les décideurs s’occupent forcément de ce domaine. Je crois que c’est une question d’éventail de choix qu’on leur propose. Je suppose que d’ici quelques années, il y aura sur le marché du travail journalistique beaucoup plus de personnes d’origines différentes parce que les études se seront démocratisées aussi et parce qu’il y aura peut-être eu une assimilation différente. Il y a plein de gens de talents, quelles que soient leur couleur de peau. Mais, parler de frilosité… Je crois que c’est un peu plus compliqué que ça.

Vincent N'Guyen,
par téléphone

Les quotas à la télévision, c’est une idée qui m’a fait bondir. Je trouve que c’est une idée qui peut avoir l’effet inverse de ce que ça veut faire et ça peut jeter le discrédit sur des gens qui ont travaillé dur pour faire ce métier. On va se dire qu’un gars est arrivé là parce qu’il faut un certain nombre de Jaunes, de Noirs ou d’Arabes pour rentrer dans les quotas… Ça fausse…Ça jette forcément le discrédit sur la qualité du travail des gens qui sont embauchés s’ils sont de couleur. Et la discrimination positive non plus d’ailleurs. Ni dans un sens, ni dans l’autre… Enfin, j’espère ! Ça voudrait dire qu’on me donne des responsabilités pas parce que je travaille bien, mais parce qu’ils veulent un peu de couleur… Ça serait effrayant… Insultant même…
En ce qui me concerne, je n’envisage pas de faire du plateau un jour. Je suis très mauvais et puis, ça me rend malade d’être devant une caméra…

Propos recueillis
par Fabien Rouschop

 

Au nord de l'Irak, on s'interroge sur l'ouverture d'un deuxième front.
Le reportage de Gilles Jacquier et Vincent N'Guyen sous les bombardements américains à Mossoul

L'annuaire des anciens de l'Iut de Tours : les coordonnées de Vincent N'Guyen

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