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6.1/édition 2004/n°17 Le magazine d'information sur le monde des médias |
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Télévision
:
Monochromie des journalistes
Points
de vue de deux directeurs d'école de journalisme
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Black-out
La
faible représentation des minorités ethniques
à l'antenne n'est pas une préoccupation pour les syndicats
de journalistes et pour les directions de chaînes. Etat des lieux.
Quotas.
Pour faire bouger les choses, le Comité Egalité mené
par Calixthe Beyala, écrivaine d’origine camerounaise, a
brandi la possiblité des quotas. Réaction : une levée
de boucliers. Un système pourtant instauré depuis les années
soixante dans les médias aux Etats-Unis. Mais cette notion de quotas
est totalement étrangère à la tradition républicaine
de la France et propose un modèle de société basé
sur le communautarisme. La mise en place de quotas déboucherait
sur un système pervers de recrutement que certains appellent la
discrimination positive. Cette dernière risquerait d’être
contre-productive en admettant des principes qu’elle prétend
combattre. Elle jetterait le doute et le discrédit sur des journalistes
« de couleur » qui seraient choisis uniquement sur
des critères ethniques et non pour leurs qualités et leurs
talents. Tous les syndicats sont unanimes. Ils estiment que les journalistes
doivent être recrutés pour leurs compétences. Jean-François
Tealdi, délégué de la CGT à France 3, l’affirme :
« Nous ne voulons pas entrer dans ce cas de figure qui
verrait les présentateurs et les animateurs d’émissions
être choisis en fonction de quotas qui correspondraient à
des minorités ethniques, religieuses ou autres. Nous pensons que,
dans cette République, il est possible aujourd’hui, en tout
cas dans le service public, de choisir les journalistes non selon ces
critères là mais selon uniquement des critères professionnels. » Frilosité.
On peut tenter d’expliquer cette faible représentation des
minorités issues de l’immigration extra-européenne
par un manque d’audace de la part des dirigeants des chaînes
de télévision. Pire, anticipent-ils – inconsciemment
ou consciemment – sur un racisme présupposé du public ? D'un côté, tous affirment haut et fort que les compétences professionnelles des journalistes sont et doivent être les seuls critères de recrutement. De l'autre, les minorités issues de l'immigration sont sous-représentées à la télévision. Si on met en perspective ces deux constats, l'alternative suivante s'impose d'elle-même. Soit les Noirs, les Asiatiques, les Maghrébins sont moins compétents que les autres, soit ils sont victimes d'une ségrégation. Difficile de croire que le journalisme soit épargné par le racisme. |
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