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Presse
: un autre football est possible
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Sport
et journalisme : les liaisons dangereuses
Le
journaliste sportif peut-il encore, de nos jours, faire un vrai
travail journalistique ?
La question, provocatrice, mérite d’être posée.
Les médias et les sportifs ont le même objectif :
rendre le sport attractif. Pourquoi ? Deux visions s’opposent
: soit parce que tous deux ont la même passion, soit parce
qu’ils en vivent.
Enjeux financiers faramineux, contrôle de l’information
par les sources et connivence avec les acteurs du monde sportif,
les limites de l’indépendance des journalistes sont
connues de tous. Rien de bien nouveau, mais avec l’avènement
du sport-business, tous ces phénomènes se sont accrus.
Comment un journaliste peut-il enquêter sur le dopage, alors
que son employeur organise des compétitions sportives ?
Comment avouer qu’un match est d’une qualité
très médiocre, alors que sa chaîne a déboursé
des millions d’euros pour le retransmettre ? Cela reviendrait
à scier la branche sur laquelle il est assis. Pire encore,
les journalistes n’hésitent pas à faire mousser
des rencontres sans enjeu sportif, uniquement pour attirer plus
de lecteurs, d’auditeurs ou de téléspectateurs
– c’est le cas, par exemple, des matches opposant le
PSG à l’OM depuis quelques années.
Conscient d’être indispensables pour les médias,
les acteurs du monde sportif savent en profiter. Un article leur
déplaît, et la sanction tombe : interdiction d’accès
aux installations d’un club, de répondre à la
presse…
Face à ces dangers, les journalistes se doivent de défendre
leur indépendance. Mais le peuvent-ils encore ?
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