Le magazine d'information sur les médias
réalisé par les étudiants
de l'IUT de journalisme de Bordeaux

 

Dossier réalisé le 25 novembre 2004

Côte d'Ivoire :
un traitement franco-français

Le réquisitoire
de la presse étrangère

Docteur Chirac
et Mister Jacques

Pendant quelques mois, une interview complétait ce dossier. Elle a été retirée le 30 novembre 2005. Une erreur de notre part attribuait des propos à Madame Matard-Bonucci qui n'a jamais été interviewée par l'actu des médias.
Nous la prions ainsi que nos lecteurs de bien vouloir nous excuser.


Traitement de l'information
Temps de guerre, presse patriote
Début novembre 2004, les esprits s'échauffent en Côte d'Ivoire. Les ressortissants français sont menacés. Dans un grand élan de patriotisme, journaux, télévisions et radios donnent la parole à "ceux qui ont tout perdu", rendent hommage à "nos" soldats "morts pour la France". Sur le fond du conflit, pas grand-chose. Enquête.

Côte d'Ivoire : un traitement franco-français

Daniel Schneidermann, chroniqueur télé, sur le chat de Libération.fr : "Je crois que dans le traitement de cette crise, nous sommes retombés dans les travers traditionnels du journalisme de guerre, c’est-à-dire la tentation d’épouser le point de vue de son propre pays et la difficulté à adopter un traitement équilibré."
Confronté à cette idée, un journaliste du Figaro rétorque : "Que Daniel Schneidermann distribue les bons points, les mauvais points me laisse froid […] Il est facile de critiquer les médias à Paris, alors que sur le terrain, il y a des gens qui prennent des risques." Rapidement, il s'énerve, il dénonce un entretien "inquisition" mâtiné d'un "tiers-mondisme à la con" avant de... raccrocher. Mais les faits sont là. En une dizaine de jours, le quotidien national a multiplié les titres et articles franco-français au sujet du problème ivoirien. Petite revue de détails:
-8 novembre : "14 000 Français pris en otage", "L'opération Licorne et les 14000 "otages" français" ;
-9 novembre : "La grande peur des ressortissants français" ;
-10 novembre : "Côte d'Ivoire: la haine anti-Français" ;
-11 novembre : "L'important est de rester en vie" avec en surtitre : "Les derniers soubresauts d'Abidjan pourraient provoquer le départ d'une grande partie de la communauté française" ;
-12 novembre : "Le récit des violences vécues par les Français à Abidjan" ;
-13 novembre : "Chirac dénonce des exactions graves", "Abidjan - Les expatriés fuient par la lagune", "Des plaintes pour viol déposées en justice" ;
-16 novembre : "Pour des rapatriés sous le choc, l'épreuve du retour en France", "Les derniers des Français" ;
-17 novembre : "Chirac honore le contingent Licorne", "Ces français qui ont décidé de rester" ;
-19 novembre : "Gbagbo demande aux Français de revenir".
Le Figaro n'a pas été le seul à avoir eu ce réflexe teinté d’ethnocentrisme. Une bonne partie de la presse écrite, des télés et des radios a médiatisé, re-médiatisé, sur-médiatisé expatriés et militaires français. Au point d'en oublier les exilés burkinabés quittant en masse la Côte d'Ivoire. Et de laisser aux hebdomadaires et à de – trop – rares programmes audiovisuels le soin de se focaliser sur les liaisons dangereuses entre l'Hexagone et son ancienne colonie. Comment en arrive-t-on à ce traitement médiatique ?

1 - Les conditions de travail

2 - Les principes auxquels on n'échappe pas

3 - L'alignement sur la position française

Bastien Brun et Thomas Mankowski

 

# Ivoirian.net : pour
découvrir la presse ivoirienne pro-gouvernementale.

# Le Chat du journal Libération,
animé par Daniel Schneidermann. Pour en savoir plus sur son point de vue. Sur cette page, un lien renvoie vers
sa chronique
du 12 novembre
.

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d'une rédaction
basée à Paris.

 

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