
Côte
d'Ivoire :
un
traitement franco-français
Le réquisitoire
de la presse étrangère
Docteur
Chirac
et Mister Jacques
Pendant
quelques mois, une interview complétait ce dossier. Elle
a été retirée le 30 novembre 2005. Une erreur
de notre part attribuait des propos à Madame Matard-Bonucci
qui n'a jamais été interviewée par l'actu des
médias.
Nous la prions ainsi que nos lecteurs de bien vouloir nous excuser.
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Traitement
de l'information
Temps
de guerre,
presse patriote
Début
novembre 2004, les esprits s'échauffent en Côte d'Ivoire.
Les ressortissants français sont menacés. Dans un
grand élan de patriotisme, journaux, télévisions
et radios donnent la parole à "ceux qui ont tout perdu",
rendent hommage à "nos" soldats "morts pour
la France". Sur le fond du conflit, pas grand-chose. Enquête.
Côte
d'Ivoire : un traitement
franco-français
Daniel
Schneidermann, chroniqueur télé, sur le chat de Libération.fr :
"Je crois que dans le traitement de cette crise, nous sommes
retombés dans les travers traditionnels du journalisme de
guerre, c’est-à-dire la tentation d’épouser
le point de vue de son propre pays et la difficulté à
adopter un traitement équilibré."
Confronté à cette idée, un journaliste du Figaro
rétorque : "Que Daniel Schneidermann distribue les
bons points, les mauvais points me laisse froid […] Il est
facile de critiquer les médias à Paris, alors que
sur le terrain, il y a des gens qui prennent des risques."
Rapidement, il s'énerve, il dénonce un entretien "inquisition"
mâtiné d'un "tiers-mondisme à la con"
avant de... raccrocher. Mais les faits sont là. En une dizaine
de jours, le quotidien national a multiplié les titres et
articles franco-français au sujet du problème ivoirien.
Petite revue de détails:
-8 novembre : "14 000 Français pris en otage",
"L'opération Licorne et les 14000 "otages"
français" ;
-9 novembre : "La grande peur des ressortissants français" ;
-10 novembre : "Côte d'Ivoire: la haine anti-Français" ;
-11 novembre : "L'important est de rester en vie"
avec en surtitre : "Les derniers soubresauts d'Abidjan
pourraient provoquer le départ d'une grande partie de la
communauté française" ;
-12 novembre : "Le récit des violences vécues
par les Français à Abidjan" ;
-13 novembre : "Chirac dénonce des exactions graves",
"Abidjan - Les expatriés fuient par la lagune",
"Des plaintes pour viol déposées en justice" ;
-16 novembre : "Pour des rapatriés sous le choc,
l'épreuve du retour en France", "Les derniers
des Français" ;
-17 novembre : "Chirac honore le contingent Licorne",
"Ces français qui ont décidé de rester" ;
-19 novembre : "Gbagbo demande aux Français de revenir".
Le Figaro n'a pas été le seul à avoir
eu ce réflexe teinté d’ethnocentrisme. Une bonne
partie de la presse écrite, des télés et des
radios a médiatisé, re-médiatisé, sur-médiatisé
expatriés et militaires français. Au point d'en oublier
les exilés burkinabés quittant en masse la Côte
d'Ivoire. Et de laisser aux hebdomadaires et à de –
trop – rares programmes audiovisuels le soin de se focaliser
sur les liaisons dangereuses entre l'Hexagone et son ancienne colonie.
Comment en arrive-t-on à ce traitement médiatique
?
1
- Les
conditions de travail
2
- Les principes auxquels on n'échappe
pas
3
- L'alignement sur la position française
Bastien Brun
et Thomas Mankowski |

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Ivoirian.net :
pour
découvrir la presse ivoirienne pro-gouvernementale.
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Le Chat du journal Libération,
animé
par Daniel Schneidermann. Pour en savoir plus sur son point
de vue. Sur cette page, un lien renvoie vers
sa chronique
du 12 novembre.
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Arrêt sur images :
chaque semaine, un oeil aiguisé sur la télé.
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Jeune Afrique :
le site d'information sur l'Afrique du périodique,
un regard nuancé
d'une rédaction
basée à Paris.
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