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TV, KTO, TFJ... A l'heure de la rentabilité
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TV : la télé fait son coming-out
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rentabilité…
Après quelques années d’exploitation, les
télés identitaires connaissent des situations financières
des plus fragiles. En 2003, selon les derniers rapports du CSA,
le chiffre d’affaires moyen de chacune des quatre chaînes
«confessionnelles et communautaires» (Beur
TV, Berbère TV, KTO et TFJ) est estimé à
400.000 €. A titre comparatif, le CA moyen d’une télé
thématique s’élève à 12 millions
d’euros.
Entre 2000 et 2004, ces quatre chaînes identitaires sont
déficitaires, leur résultat net d’exploitation
est en perte, négatif, oscillant entre 0.4 et 5.4 millions
d’euros dans leur ensemble. Lors des Deuxièmes assises
des chaînes thématiques du 23 juin 2003, le CSA a
déclaré être «conscient des difficultés
que rencontrent depuis plusieurs années nombre de chaînes
du paysage audiovisuel de complément, aggravées
par la conjoncture morose depuis l'année 2001.»
La publicité et l’abonnement aux programmes sont
les deux moyens
de financer une télé thématique. «Chaque
projet
de chaîne repose sur une gageure, le pari d’intéresser
les téléspectateurs et de générer
ainsi des ressources publicitaires. Les annonceurs se basent sur
le principe de puissance, soit la capacité à toucher
les téléspectateurs (l’audience). L’équation
est simple,
plus il y a de téléspectateurs et plus l’investissement
des annonceurs est élevé», explique Guillaume
Gronier, délégué général d’ACCeS,
Association des chaînes câblées et du satellite.
La plupart des chaînes identitaires sont gratuites et n’ont
que la publicité pour réaliser leur chiffre d’affaires.
Appel
au don
Selon le dernier bilan du CSA, ces chaînes ne représentent
que 0.1% du chiffre d’affaires des télés thématiques.
Deux des chaînes identitaires ont choisi de faire payer
leurs programmes. Berbère TV a fixé son abonnement
à 4 euros par mois. En février 2004, cela représentait
5000 personnes. La chaîne affiche clairement son objectif
de quadrupler ce chiffre d’ici le début de l’année
2005. Pink Tv, récemment lancée, n'avance pas officiellement
d’objectif chiffré ; reste que pour atteindre
son équilibre financier, elle devra comptabiliser 180.000
abonnés, à raison de 9 euros par mois.
Néanmoins, ces moyens de financement se révèlent
souvent insuffisants. Dans le passé, ils n’ont pas
suffi à garantir la pérennité des chaînes.
Ainsi, dans des circonstances d’urgence et pour faire face
à de sévères difficultés économiques,
TFJ et KTO ont fait appel au don. TFJ, créée en
2001, a été suspendue d’antenne sur TPS en
avril 2003 pour raisons financières. Elle n’était
plus diffusée que sur Noos Ile-de-France. C’est grâce
aux dons de ses téléspectateurs qu’elle a
pu redresser la barre, réaliser sa remise en forme financière
et réintégrer TPS. «Pour leur diffusion
sur les bouquets satellitaires, les chaînes identitaires
payent environ 300.000 €/an», explique Guillaume
Gronier. Un autre exemple est celui de KTO pour qui, en 2004,
90 000 donateurs ont versé au total quelques 3 millions
d'euros pour garder la chaîne à flot.
Un
avenir grâce à la technologie
En
2004, le budget de fonctionnement d’une chaîne identitaire
avoisine
les cinq millions d’euros. En sus de la somme à débourser
pour être diffusée, ce sont les coûts de production,
les salariés, les charges
de fonctionnement qui coûtent très cher. En 2002, le
chiffre d’affaires de Berbère TV avoisinait les 300.000
€. Il provenait à 80% des abonnements et des redevances
et le reste de la publicité. Le budget total s’élevait
à 1,5 million d’euros. Il se répartissait comme
suit : 600.000 € pour les droits de diffusion des
programmes, les productions propres, les coproductions et l’achat
de programmes et 150.000 € pour le budget marketing/communication.
Sans compter que la chaîne employait
dix personnes à plein temps.
Ecoutez
Guillaume Gronier, délégué général
d’ACCeS, association des chaînes câblées
et du satellite. Il explique pourquoi ces chaînes identitaires
ont de l'avenir.
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En
2003, le chiffre d’affaires de KTO frôle le million
d’euros. Il se constitue de 20% de publicité,
20% des abonnements et 60 % des dons ! Quant au budget total
de fonctionnement, il s’élevait à 6,8 millions d’euros.
Là aussi, ce sont les productions qui coûtent le plus
cher puisque la somme globale qui leur est consacrée est
de 5.1 millions d’euros. Le budget marketing/communication
s’élève à 700.000 €.
«Les chaînes identitaires ont un avenir grâce
à la technologie. Avec l’arrivée prochaine de
la Télévision Numérique Terrestre, c’est
la base de réception du satellite qui s’élargit.
Il y aura donc de plus en plus de téléspectateurs
qui pourront accéder à ces programmes, d'autant que
les abonnements coûtent de moins en moins chers.Depuis 1997,
la croissance du nombre de téléspectateurs sur le
câble et le satellite est spectaculaire », souligne
Guillaume Gronier.
D’après
les chiffres 2003 du CSA sur l’évolution 2002/2003
du chiffre d’affaires des chaînes thématiques,
celui des quatre télés «communautaires
et confessionnelles» est en hausse de 82% (1.0 M
d’euros en 2002 et 1.8 M d’euros en 2003). Entre 2000
et 2003, cette évolution atteint 500%. (0.3 M d’euros
en 2000). Des chiffres qui font des émules et qui encouragent
l’apparition de nouvelles chaînes identitaires. Africa
Tv, Chai Tv (chaîne d’informations internationale juive),
Corsica Tv et Latina TV sont en projet et prétendent à
une prochaine diffusion.
Mourad
Fallah |

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