Le magazine d'information sur les médias
réalisé par les étudiants
de l'IUT de journalisme de Bordeaux

 

Dossier réalisé le 25 novembre 2004

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Objets audiovisuels Non Identifiés

Beur TV, KTO, TFJ... A l'heure de la rentabilité

Pink TV : la télé fait son coming-out

Evangélisation cathodique chez KTO

Pink TV :
la télé fait son coming-out

Le 25 octobre dernier, le tout Paris y était. Si, dans l’année, il y avait une fête à ne pas rater, c’était bien la soirée de lancement de Pink TV, la première chaîne française gay et gay-friendly. Devant le théâtre de Chaillot, impossible d’entrer sans le fameux carton d’invitation remis à plus de 2000 invités, tous triés sur le volet. Jamais, depuis le milieu des années quatre-vingts, on avait vu pareil engouement lors de l’ouverture d’antenne d’une chaîne.
Dans les tiroirs de l’audiovisuel, il y a bien eu sous l’ère Mitterrand, la création de Canal + qui avait transformé la télévision en PAF en 1984, puis, un an plus tard, l’arrivée de Silvio Berlusconi à la tête de la Cinq avec ses paillettes milanaises et ses feuilletons à la sauce
spaghetti.

Mickaël Pradignac, assistant marketing et communication sur Pink-TV, revendique l’ouverture de la chaîne et refuse l’étiquette de “communautaire”.

Vingt ans et des centaines de chaînes plus tard, aucune d’elles, qu’elles soient thématiques, identitaires ou communautaires, n’a réussi à faire ce que Pink TV vient de réaliser : un lancement aussi incroyable que médiatisé. «Nous avions un plan média très large», explique Mickaël Pradignac, assistant marketing et communication à Pink TV. Une opération médiatique, relayée à grands coups d’affiches format quatre mètres par trois dans le métro, les bus parisiens, mais aussi en province grâce à huit visuels différents (dont celui de Helmut Kohl et Mitterrand qui a beaucoup fait parler de lui) et surtout une campagne de communication méticuleusement bien menée. «On a beaucoup parlé de nous dans les médias parce qu’il y a eu quatre reports dans le lancement de la chaîne. Tout le monde attendait l’ouverture, donc forcément, ça entretient. Les journalistes ont parlé de nous avant, pendant et après». Dans le seul courant du mois d’octobre 2004, 344 sujets, tous médias confondus, ont été consacrés à la première chaîne gay.

Diversité, identité et différence
La recette de ce succès a été très bien pensée et tient, finalement, à peu de choses : la chaîne n’a pas été uniquement lancée à destination du public gay, mais comme une chaîne grand public, tout au moins destinée au plus grand nombre. D’abord, Pink TV se revendique comme une «chaîne identitaire» et non communautaire, «même si, au départ, poursuit Mickaël Pradignac, le projet était destiné uniquement aux gays. Pink, dans sa nature, c’est évident, est destinée aux gays, mais les mentalités ont évolué. Il y a eu le Pacs, le mariage homo célébré à Bègles, le fait que, désormais, dans chaque TV-reality il y a un homo, donc on s’est dit qu’il valait mieux cibler les gays et les gays-friendly. Aujourd’hui, tout le monde dans son entourage a un ami qui est homo. Donc ce qui concerne les gays concerne tout le monde. Nous ne sommes pas fermés aux autres».
Ensuite, Pink a misé sur une grille de programmation à son image, éclectique. Comme l’indique les responsables d’antenne, «La grille de programme de Pink est une grille généraliste qui allie unité et diversité, identité et différence. Elle est conçue pour répondre à l’attente d’un public d’initiés et d’amateurs, urbains et ruraux». Hormis les films pornographiques classés catégorie 5 par le CSA, on y retrouve ainsi des séries américaines cultes et inédites (Wonder woman, O Fantasma, the Fluffer, John…), des programmes autour desquels tout le monde peut se retrouver comme des opéras, des spectacles, des émissions consacrées aux icônes des gays et aussi Claire Chazal. Les téléspectateurs de TF1 peuvent aussi la regarder sur Pink où la journaliste anime, une fois par semaine, une interview culturelle, «Le Je/Nous de Claire». «Claire Chazal a été un moteur pour nous. Elle est la sixième femme la plus belle du monde (Ndlr : selon le classement de l’élection organisée et diffusée sur TF1). Et c’est quelqu’un qui a cru en nous».

Plus qu’une chaîne, une marque
Mais si le lancement de Pink TV est destiné au grand public, ce n’est pas seulement en qualité de chaîne, mais aussi en tant que marque. Le slogan martèle «la Liberté, ça se regarde». Elle a aussi un coût. A ce titre, Pink entend labelliser des événements, organiser des soirées, et sortira une compil' Pink dans le courant de l’année 2005. Un choix marketing que ne cachent d’ailleurs pas les responsables de l’antenne. «On est une chaîne de télé, mais la marque coule de source, indique Mickaël Pradignac. C'est une répercussion. Pour l’instant, on est dans le démarrage. On communique sur le développement de la chaîne. Au-delà de ça, quand Pink sera installée, on parlera davantage du contenu».

Mélanie Ferhallad

 

 

# Lire l'article de Libération paru le 23 octobre 2004 : "Avec Pink TV, les gays passent enfin à la télé".

# Un sujet consacré à Pink TV sur Nouvelobs.com

# Allez découvrir l'observatoire
du traitement
de l'homosexualité
dans les médias.

 

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