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Pink
TV : la télé fait son coming-out
Evangélisation
cathodique chez KTO
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Pink
TV :
la télé fait son coming-out
Le 25 octobre dernier, le tout Paris y était. Si, dans l’année,
il y avait une fête à ne pas rater, c’était
bien la soirée de lancement de Pink TV, la première
chaîne française gay et gay-friendly. Devant le théâtre
de Chaillot, impossible d’entrer sans le fameux carton d’invitation
remis à plus de 2000 invités, tous triés sur
le volet. Jamais, depuis le milieu des années quatre-vingts,
on avait vu pareil engouement lors de l’ouverture d’antenne
d’une chaîne.
Dans les tiroirs de l’audiovisuel, il y a bien eu sous l’ère
Mitterrand, la création de Canal + qui avait transformé
la télévision en PAF en 1984, puis, un an plus tard,
l’arrivée de Silvio Berlusconi à la tête
de la Cinq avec ses paillettes milanaises et ses feuilletons à
la sauce spaghetti.
Mickaël
Pradignac, assistant marketing et communication sur Pink-TV,
revendique l’ouverture de la chaîne et refuse
l’étiquette de “communautaire”.

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Vingt
ans et des centaines de chaînes plus tard, aucune d’elles,
qu’elles
soient thématiques, identitaires ou communautaires, n’a
réussi à faire ce que Pink TV vient de réaliser :
un lancement aussi incroyable que médiatisé. «Nous
avions un plan média très large», explique
Mickaël Pradignac, assistant marketing et communication à
Pink TV. Une opération médiatique, relayée
à grands coups d’affiches format quatre mètres
par trois dans le métro, les bus parisiens, mais aussi en
province grâce à huit visuels différents (dont
celui de Helmut Kohl et Mitterrand qui a beaucoup fait parler de
lui) et surtout une campagne de communication méticuleusement
bien menée. «On a beaucoup parlé de nous
dans les médias parce qu’il y a eu quatre reports dans
le lancement de la chaîne. Tout le monde attendait l’ouverture,
donc forcément, ça entretient. Les journalistes ont
parlé de nous avant, pendant et après».
Dans le seul courant du mois d’octobre 2004, 344 sujets, tous
médias confondus, ont été consacrés
à la première chaîne gay.
Diversité,
identité et différence
La recette de ce succès a été très bien
pensée et tient, finalement, à peu de choses :
la chaîne n’a pas été uniquement lancée
à destination du public gay, mais comme une chaîne
grand public, tout au moins destinée au plus grand nombre.
D’abord, Pink TV se revendique comme une «chaîne
identitaire» et non communautaire, «même si,
au départ, poursuit Mickaël Pradignac, le projet
était destiné uniquement aux gays. Pink, dans sa nature,
c’est évident, est destinée aux gays, mais les
mentalités ont évolué. Il y a eu le Pacs, le
mariage homo célébré à Bègles,
le fait que, désormais, dans chaque TV-reality il y a un
homo, donc on s’est dit qu’il valait mieux cibler les
gays et les gays-friendly. Aujourd’hui, tout le monde dans
son entourage a un ami qui est homo. Donc ce qui concerne les gays
concerne tout le monde. Nous ne sommes pas fermés aux autres».
Ensuite, Pink a misé sur une grille de programmation à
son image, éclectique. Comme l’indique les responsables
d’antenne, «La grille de programme de Pink est une
grille généraliste qui allie unité et diversité,
identité et différence. Elle est conçue pour
répondre à l’attente d’un public d’initiés
et d’amateurs, urbains et ruraux». Hormis les films
pornographiques classés catégorie 5 par le CSA, on
y retrouve ainsi des séries américaines cultes et
inédites (Wonder woman, O Fantasma, the Fluffer, John…),
des programmes autour desquels tout le monde peut se retrouver comme
des opéras, des spectacles, des émissions consacrées
aux icônes des gays et aussi Claire Chazal. Les téléspectateurs
de TF1 peuvent aussi la regarder sur Pink où la journaliste
anime, une fois par semaine, une interview culturelle, «Le
Je/Nous de Claire». «Claire Chazal a été
un moteur pour nous. Elle est la sixième femme la plus belle
du monde (Ndlr : selon le classement de l’élection
organisée et diffusée sur TF1). Et c’est
quelqu’un qui a cru en nous».
Plus qu’une chaîne, une marque
Mais
si le lancement de Pink TV est destiné au grand public, ce
n’est pas seulement en qualité de chaîne, mais
aussi en tant que marque. Le slogan martèle «la Liberté,
ça se regarde». Elle a aussi un coût. A ce titre,
Pink entend labelliser des événements, organiser des
soirées, et sortira une compil' Pink dans le courant de l’année
2005. Un choix marketing que ne cachent d’ailleurs pas les
responsables de l’antenne. «On est une chaîne
de télé, mais la marque coule de source, indique
Mickaël Pradignac. C'est une répercussion. Pour
l’instant, on est dans le démarrage. On communique
sur le développement de la chaîne. Au-delà de
ça, quand Pink sera installée, on parlera davantage
du contenu».
Mélanie Ferhallad
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