Edition 2005/2006 -n°51
semaine du 8 décembre au 14 décembre 2005
La lettre d'information sur les médias réalisée par les étudiants de l'IUT de journalisme de Bordeaux

Envoyez-nous vos informations:
actudesmedias@iut.u-bordeaux3.fr




> Le Conseil d’Administration de l’Université de Bordeaux 3 Michel de Montaigne a adopté le 16 décembre 2005 la modification de ses statuts qui autorise la création de l’Institut de Journalisme de Bordeaux Aquitaine (IJBA) et l’ouverture du master professionnel de journalisme à la rentrée 2006.
Fort de ses appuis professionnels et universitaires, le dossier va désormais être transmis au ministère pour examen, puis au CNESER, avant que soit publié le décret ministériel de création de l’IJBA.
Cette mutation nous installe dans une nouvelle dynamique de formation des journalistes à Bordeaux porteuse de nouvelles perspectives et de nouveaux chantiers.




> Les correcteurs du monde.fr font leur cuisine. Sur leur blog, "la langue sauce piquante", ils goûtent pour nous les mots de l'actualité. A noter, une rubrique de liens dédiée à l'amour des mots.

> Dans la peau
de Rupert Murdoch.
Se transformer en magnat de la presse et créer un empire médiatique, c'est le concept de Media Mogul, un jeu de société disponible uniquement sur le web en anglais.



> Mood
Trois mois après son lancement, le mensuel Mood destiné aux jeunes filles de 15 à 22 ans, arrête sa publication papier, pour cause de mauvais résultats. Riche de ses 80000 visiteurs par mois, le site est promis à un bel avenir.

> Mon Kanar
est cuit par l'audience !

Le magazine d'information de France 3 à destination des enfants faisait sa dernière aujourd'hui.


> L'édition internationale de L'Express du 24 novembre ne risquait pas d'être lue par les Gabonais. Omar Bongo, le président, a acheté à lui seul chacun des 2000 exemplaires. La raison : un reportage critique consacré à sa dernière campagne électorale.

> Nominations à la CFII:
Alain de Pouzilhac a été nommé président du directoire de la CFII. Patrick de Carolis et Etienne Mougeotte ont été respectivement désignés président et vice-président du Conseil de surveillance.
Ulysse Gosset quant à lui est le nouveau directeur général chargé de l'information et des programmes.

> Rinaldi est parti...
Angelo Rinaldi, directeur littéraire du Figaro depuis 2003, a quitté le quotidien. A l'âge de 65 ans, il est parti à la retraite.



> Les lauréats du Prix Reporters sans frontières-Fondation de France sont :
- le journaliste chinois Zhao Yan, collaborateur du New York Times,
- Tolo TV, première chaîne hertzienne privée d'Afghanistan,
- l'Union nationale des journalistes somaliens,
- Massoud Hamid, cyberdissident syrien.

> Danielle Messager a reçu le Grand Prix du journalisme 2005 pour son reportage "Boire et déboires". Ce prix est décerné par les radios francophones publiques (Radio France, Radio Canada, Radio Suisse Romande et la RTBF)



> L' Almanach
bordelais 2006
.
Le magazine est réalisé par les étudiants de deuxième année de l'IUT de journalisme de Bordeaux. Haut en couleurs, l'Almanach retrace une année passée à Bordeaux.

> Médiasig 2006 :
Les 7 000 noms de la presse et de la communication. L'annuaire est indispensable pour les professionnels des médias car il recense les services de communication et de presse des institutions publiques, les organismes syndicaux et professionnels de la presse...

> Almanach de la critique des médias :
Les médias traditionnels sont passés au crible. Bourdes, mauvaise foi, l'ouvrage ne laisse rien passer sans toutefois éviter quelques amalgames.

 

 


> La presse libanaise à nouveau en deuil

Des milliers de Libanais étaient présents mercredi 14 décembre pour assister aux obsèques de Gébrane Tuéni, journaliste et député, assassiné lundi lors d'un attentat à la voiture piégée. Celles-ci ont revêtues un caractère profondément politique, la foule réclamant la démission du président pro-syrien Emile Lahoud. Tuéni, farouche opposant aux ingérences syriennes dans son pays faisait partie d'une longue liste de personnalités particulièrement menacées. Ce député de 48 ans dirigeait le quotidien libéral An-Nahar, favorable à l'émancipation du Liban.
Le cercueil, revêtu du drapeau national, a été mené en la cathédrale orthodoxe Saint-Georges, celle-là même qui avait accueilli en juin la dépouille de Samir Kassir, éditorialiste dans le même quotidien.
La mort de Tuéni fait également suite à la mutilation d'une autre journaliste, May Chidiac, en septembre et à l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, en février. La commission d'enquête portant sur la mort de ce dernier a d'ailleurs remis ses résultats à l'ONU la veille de l'attentat. Ce rapport, selon l'AFP, ferait état " de nouvelles preuves de l'implication de responsables syriens " et émettrait "des doutes quant à la réalité de la coopération apportée par Damas à l'enquête".
Benjamin Deudon



> Sur le site gebrantueni.com, on retrouve les positions anti-syriennes du député et journaliste Gebrane Tuéni dans ses articles et son programme électoral. Photos et vidéos illustrent sa biographie.


 

> AFP : l’ex-PDG passe à la concurrence
Mardi 13 décembre : Pierre Louette est officiellement élu PDG de l’Agence France Presse. Le lendemain, on peut lire dans Libération que “le conseil d’administration a pris soin d’assortir son contrat d’une clause de non-concurrence”.
Loin d’être anodine, cette décision fait suite à la vive polémique qui s’était déclenchée la semaine précédente à l’annonce de la nomination de Bertrand Eveno, PDG démissionnaire de l’AFP (cf lettre de l’actu des médias n°49), au poste de directeur général du pôle photo de Hachette Filipacchi Medias (Keystone, Gamma...).
La Société des journalistes de l’agence a condamné fermement ce “transfert”, rappelant que M.Eveno se trouvait ces dernières semaines “en position de négocier des sujets touchant la photo à l’AFP, tout en sachant qu’il travaillerait pour un concurrent”.
En effet, ce dernier avait affirmé avoir pris sa décision de quitter l’AFP dès l’été dernier.
M. Eveno, par ailleurs président du conseil d’administration de l’Ecole nationale de photographie d’Arles, a simplement évoqué une nouvelle fonction qui va lui permettre de “faire professionnellement quelque chose qui était une passion privée”, et expliqué que “les zones de recouvrement entre l’AFP et son nouvel employeur sont très faibles”.
Benjamin Calvez


> Les syndicats de l'agence (SDJ, Sud-AFP, CGT et FO) et les représentants du personnel au Conseil d'administration se sont exprimés sur le sujet les 7 et 8 décembre 2005. Consultez les communiqués sur le site d'Acrimed.

 

 

 

 

> L’impasse à Libération
La crise se poursuit au journal Libération. Lundi, des élus du comité d’entreprise (SUD et CGT) ont occupé les bureaux de la direction pour manifester leur désaccord concernant le plan social à venir. Une action symbolique pour rappeler que, malgré la fin de la grève, rien n’est encore résolu. Depuis, le calme est revenu mais les négociations restent bloquées entre la direction et les syndicats. Ces derniers exigent que les départs de salariés soient exclusivement fondés sur le volontariat. La direction a fait des propositions financières pour encourager ces départs volontaires (voir la lettre de l’actu des médias n°49) mais refuse d’abandonner l’idée de licenciements forcés. Pourtant, les offres faites aux salariés prêts à quitter le journal pourraient s’avérer insuffisantes pour atteindre le quota de départs nécessaires. “Il n’est pas évident que ça intéresse suffisamment de monde”, indique Erwan Cario, secrétaire du comité d’entreprise.
La direction a prévu de supprimer 52 postes pour dégager 4 millions d’euros d’économie.
Emmanuel Bonzé


> Une courte vidéo à contre courant du malaise régnant à Libération sur le site Libélutte


> CNN, BBC, Al-Jazira... les Russes aussi
Russia Today, la première chaîne russe anglophone d’information en continu, a été lancée samedi 10 décembre. En 2001, l’Etat déplorait, par la voix de son ministre de la communication, Mikhail Lesin, l’image négative de la Russie dans les pays de l’Ouest. A l’instar de la France avec le lancement de la CFII, l’Etat russe a donc doté cette chaîne de 30 millions de dollars pour ses débuts. Les téléspectateurs étrangers, auxquels elle est avant tout destinée, peuvent recevoir Russia Today par satellite. L’objectif de la chaîne: “faire mieux connaître la Russie”, mais aussi “donner un avis russe sur ce qui passe dans le monde”, explique Fedor Klimkine, directeur adjoint du bureau français de Ria-Novosti, l’agence de presse gouvernementale à l’origine du projet. Un problème informatique, dû à une “attaque extérieure par des hackers”, selon Fedor Klimkine, a provoqué une interruption momentanée de sa diffusion dès lundi 12 décembre. La chaîne a cependant déjà diffusé une interview de Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères, le 11 décembre, et de Alexeï Miller, président du directoire de Gazprom, le 13 décembre. Le site de Russia Today, également victime du virus informatique, ne sera, lui, accessible qu’à partir du 20 décembre.
Fanny Avignon




> Le site de Russia Today sera accessible à partir du 20 décembre 2005.

 

> Les journalistes belges sous surveillance
L’Association générale des journalistes professionnels de Belgique (AGJPB) et la Fédération européenne des journalistes (FEJ) dénoncent la remise en cause par le sénat belge du principe de la protection des sources.
Un projet de loi destiné à lutter contre le terrorisme et le grand banditisme permet aux autorités belges un “contrôle visuel discret” des journalistes par les forces de l’ordre : perquisitions et fouilles de jour comme de nuit. L’AGJB et le FEJ réclament que ces contrôles soient placés sous l’autorité d’un juge d’instruction, ce qui n’est pas prévu par le texte.
Aidan White, secrétaire général de la FEJ dénonce “la présence policière dans les salles de presse qui pourrait devenir une question de routine”.
De plus, l’AGJB “s’inquiète de l’affaiblissement des sources journalistiques”, alors que cette même protection avait été inscrite dans la loi belge en avril dernier.
L’AGJPB demande donc aux sénateurs “avec insistance“ d’amender ce projet. L’organisation demande que les journalistes bénéficient des mêmes garanties de secret que les médecins et les avocats.
Pierre Dehoorne



> Pour mieux comprendre la contestation contre le projet de loi belge (remettant en cause le principe de la protection des sources), deux sites :
- la Fédération Européenne des Journalistes
- l'Association Générale des Journalistes Professionnels de Belgique.

> Wikipedia : encyclopédie trop libre ?
Les canulars sont nombreux sur la toile. Wikipedia, encyclopédie gratuite librement consultable et modifiable sur l’Internet, en fait régulièrement les frais. 95 % d’entre eux sont repérés dans les minutes qui suivent par les utilisateurs du site. Le reste passe entre les mailles du filet. Exemple avec cette blague de Brian Chase à l'un de ses collègues en mai 2005. Il avait ajouté à la biographie de John Seigenthaler, journaliste et figure politique américaine, des propos le soupçonnant d’avoir participé aux assassinats de John Kennedy et de son frère Robert. Une information erronée qui est restée plus de quatre mois sur le site, juqu’à ce que la victime, peu connue, s’en aperçoive. “Il y a un problème de perception des utilisateurs par rapport à Wikipedia, explique Florence Devouard, du Conseil d’administration de la Wikimedia Foundation, elle est devenue une référence sur le web alors qu’elle a été créée il y a seulement cinq ans”. Son principe d’accueillir les productions de tous, sans justification, comporte évidemment des risques quant à la fiabilité de l’information. “On part du principe que personne ne sait tout et que tout le monde sait quelque chose” justifie Florence Devouard.
Fanny Borius


 

 

 

> Greffe du visage :
les ratés du “plan médias”

La première greffe partielle de la face, réalisée le 27 novembre au CHU d’Amiens, a suscité un grand intérêt dans les médias français et britanniques. Le professeur Dubernard, en charge du suivi post-opératoire de la patiente au CHU de Lyon, a pris les devants deux mois avant l’opération, avec la mise en place d’un “plan médias”. Tout était prévu : un seul photographe, Michael Hughes, un ami du chirurgien selon Le Figaro, commercialise ses clichés à une agence, Corbis, qui assure l’exclusivité à Paris Match en France et au Daily Telegraph en Grande Bretagne. La patiente avait même pu sélectionner les dix photos avec l’équipe médicale. Malgré tout, les choses ont dérapé. Les noms de la donneuse et de la receveuse ont été dévoilés, des photos exhibées, des pseudo-révélations concernant leur vie privée ont été faites. L’Agence de la biomédecine et la Société Francophone de Transplantation rappellent l’importance du caractère anonyme et gratuit du don en France comme en Grande-Bretagne. La Société Francophone de Transplantation déplore “l’emballement médiatique”, qui ne devrait pas aider à atténuer, chez la patiente, d’éventuelles séquelles psychologiques dues à la greffe. En revanche cette déferlante médiatique est une aubaine pour la notoriété de l’équipe médicale.
Raphaëlle Brenuchon

 

 




> 25 législations
pour combattre la diffamation
Le droit à la vie privée pourrait prochainement devenir un véritable casse-tête pour les journalistes européens, avertit Libération cette semaine. Depuis juillet 2003, le Parlement et le Conseil européen ont mis sur les rails un règlement “Rome II”, pour harmoniser le droit civil et commercial au sein de l’Union Européenne. Dans ce projet, on trouve des mesures concernant l’atteinte à la vie privée et particulièrement “la diffamation via les médias de masse”. En attendant un droit unique européen sur ce thème, le problème est de déterminer quel droit national doit s’appliquer dans ce type de cas : celui du pays de la victime ou celui de l’entreprise? Le projet adopté le 6 juillet dernier par le Parlement propose d’utiliser le droit du pays de publication principale du média mis en cause, ou à défaut du pays où le contrôle éditorial est exercé. Un point de vue qui n’est pas forcément partagé par la Commission, qui souhaite utiliser le droit du lieu du dommage. Or, si cette position était définitivement adoptée, elle obligerait les journalistes à maîtriser les 25 législations européennes sur la question. Ceci afin d’éviter une explosion des procès pour diffamation. Il faudra attendre une décision du Conseil des ministres, qui vient d’hériter du texte, pour savoir à quoi s’en tenir.
Olivier Bénis


> La première version du texte proposée, en juillet 2003, par le Parlement et le Conseil est disponible sur Europa, le portail de l'Union européenne.

> Le site de la députée européenne, rapporteuse du projet en 2005, Diana Wallis, propose une chronologie du projet étayée des textes dans leur version intégrale (en anglais).

> L’info se discute au bistrot
Il y avait les Cafés Philo... On aura désormais les Cafés de l’Info. Le premier fait son apparition aujourd’hui dans la capitale. A l’origine de cette initiative, l’Association pour la Qualité de l’Information (AQIT, prononcer acuité), fondée en juin 2003 par des journalistes indépendants, philosophes ou spécialistes de la communication. Cette association part du postulat que l’information et sa transmission peuvent et doivent être améliorées. L’objectif, donc : réunir des citoyens autour d’un professionnel pour que le public puisse mieux connaître les ficelles de la diffusion de l’information. “Il faut que les gens puissent discuter, partager leurs expériences et mettre enfin ce débat sur la place publique”, explique Thomas Zlowodzki, responsable du projet. “Débattre collectivement de façon conviviale, élaborer une critique constructive, aiderait à définir les obstacles puis, à terme, les actions à mettre en place”, ajoute-t-il. La première édition des Cafés de l’Info accueillera ce soir Philippe Lefait, ex-présentateur du JT de France 2 et animateur des “Mots de Minuit”, au Café Bistrot Saint Antoine (58, rue du Fbg St Antoine, Paris 12ème), à 20h15. Le thème : “une information de qualité est-elle possible au 20 heures?”. A partir du mois de janvier, rendez - vous tous les premiers mardis du mois.
Anne-Lucie Acar



> pour en savoir plus, le site internet de l'A.Q.I.T



Rédactrice en chef : Juliette Camuzard



   
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