version 6.1/édition 2004/n°17
Le magazine d'information sur le monde des médias
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Après le chaos,
la violence
et la mort,
une priorité s’impose : reconstruire.

Et c’est souvent dans l’euphorie,
la spontanéité
et le désordre
que la reconstruction
se fait.
Les médias connaissent la même logique.

Tour d'horizon
en cinq pays

Médias d'après-guerre
Une bataille au quotidien

L'Afghanistan, autrefois pays "sans image et sans information", a vu fleurir, après la chute des Taliban, une multitude de journaux : Kaboul a connu son "Printemps de la presse".
L’Irak, bien qu'encore instable, connaît aussi une certaine libéralisation de la presse. Que l’on parle de soutien ou d’ingérence, la reconstruction des médias dans les espaces post-conflit dépend souvent de l’implication de la communauté internationale qui apporte contribution financière et matérielle, tout en vérifiant que la presse ne cherche pas à raviver les tensions. Ainsi, la Fondation Hirondelle, qui perçoit principalement des fonds de gouvernements occidentaux, soutient différentes initiatives concernant les médias en Afrique, telles que l’Agence de presse " Hirondelle" qui couvre l’actualité du Tribunal pénal international pour le Rwanda.
La France, quant à elle, participe à la reconstruction des médias en Afghanistan, via l’INA, Institut national de l’audiovisuel.
De même l’Europe de l’Ouest, de par sa proximité géographique vis-à-vis de ses voisins de l’Est, cherche à promouvoir démocratie et liberté de la presse et incitent les États balkaniques, susceptibles, à terme, d’intégrer l’Union européenne, à modifier leur législation en matière médiatique.
Depuis quelques années, des associations d’un genre nouveau se mettent en place. Leur but : aider les populations à reconstruire des médias indépendants, favoriser tolérance et pluralisme dans la presse et promouvoir une certaine déontologie journalistique. Ce sont notamment, les actions menées par Aïna, en Afghanistan, ou par Medienhilfe, dans les Balkans. Bien souvent, d’ailleurs, alors que la communauté internationale se désengage, ces mêmes ONG se retrouvent seules, sur place, pour aider les populations.
Après l’effervescence et l’euphorie des premiers jours, on assiste peu à peu à un certain retour à la normale dans la vie quotidienne et dans les médias. Sur le terrain, les journalistes se débrouillent avec les moyens dont ils disposent, s'ils n'ont pas la chance de Radio Okapi, au Congo. C’est également après le désengagement de la communauté internationale que les tensions latentes, qui s’éteignent rarement avec un cessez-le-feu ou un accord de paix, peuvent refaire surface. C’est durant cette période critique que les États et les pouvoirs en place cherchent à contrôler les médias, comme au Rwanda. Les pays échappant à une mainmise totale, telle la République démocratique du Congo, sont rares.

Isabelle Fagotat

 

Des ONG de soutien aux médias

> Reporters sans frontières

> International Media Support

> Fondation Hirondelle

> Institut Panos

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