Après
le chaos,
la violence
et la mort,
une priorité s’impose : reconstruire.
Et c’est souvent dans l’euphorie,
la spontanéité
et le désordre
que la reconstruction
se fait.
Les médias connaissent la même logique.
Tour
d'horizon
en cinq pays
|
Médias
d'après-guerre
Une bataille au quotidien
L'Afghanistan,
autrefois pays "sans image et sans information", a vu fleurir,
après la chute des Taliban, une multitude de journaux : Kaboul
a connu son "Printemps de la presse".
L’Irak,
bien qu'encore instable, connaît aussi une certaine libéralisation
de la presse. Que l’on parle de soutien ou d’ingérence,
la reconstruction des médias dans les espaces post-conflit dépend
souvent de l’implication de la communauté internationale
qui apporte contribution financière et matérielle, tout
en vérifiant que la presse ne cherche pas à raviver les
tensions. Ainsi, la Fondation Hirondelle, qui perçoit
principalement des fonds de gouvernements occidentaux, soutient différentes
initiatives concernant les médias en Afrique, telles que l’Agence
de presse " Hirondelle" qui couvre l’actualité
du Tribunal pénal international pour le Rwanda.
La France,
quant à elle, participe à la reconstruction des médias
en Afghanistan, via l’INA, Institut
national de l’audiovisuel.
De même
l’Europe de l’Ouest, de par sa proximité géographique
vis-à-vis de ses voisins de l’Est, cherche à promouvoir
démocratie et liberté de la presse et incitent les États
balkaniques, susceptibles, à terme, d’intégrer
l’Union européenne, à modifier leur législation
en matière médiatique.
Depuis quelques années, des associations d’un genre nouveau
se mettent en place. Leur but : aider les populations à reconstruire
des médias indépendants, favoriser tolérance et
pluralisme dans la presse et promouvoir une certaine déontologie
journalistique. Ce sont notamment, les actions menées par Aïna,
en Afghanistan, ou par Medienhilfe,
dans les Balkans. Bien souvent, d’ailleurs, alors
que la communauté internationale se désengage, ces mêmes
ONG se retrouvent seules, sur place, pour aider les populations.
Après l’effervescence et l’euphorie des premiers
jours, on assiste peu à peu à un certain retour à
la normale dans la vie quotidienne et dans les médias. Sur le
terrain, les journalistes se débrouillent avec les moyens dont
ils disposent, s'ils n'ont pas la chance de Radio Okapi,
au Congo. C’est également après
le désengagement de la communauté internationale que les
tensions latentes, qui s’éteignent rarement avec un cessez-le-feu
ou un accord de paix, peuvent refaire surface. C’est durant cette
période critique que les États et les pouvoirs en place
cherchent à contrôler les médias, comme au Rwanda.
Les pays échappant à une mainmise totale, telle la République
démocratique du Congo, sont rares.
Isabelle
Fagotat
|
|